Assister à la construction d’un château fort comme au Moyen-Age

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Guédelon est un chantier scientifique, historique, pédagogique et touristique

La construction des châteaux était peu documentée au Moyen-âge. Grâce à ce projet fou de réaliser un tout nouveau château, les bâtisseurs de Guédelon ont pu redécouvrir des techniques oubliées qu’ils expliquent volontiers aux visiteurs.

Le cadre historique choisi

Pour éviter les anachronismes et être au plus près de la réalité, les auteurs ont défini une date de début et un contexte historique. Le chantier est censé démarrer en 1228, sous Louis-Philippe (au lieu 1997, pose de la première pierre).

Le commanditaire imaginaire est un petit seigneur chevalier de Puisaye, vassal de Jean de Toucy. Il a un statut assez modeste dans le système féodale. L’emplacement du château devait être crédible pour l’époque et le statut de ce seigneur : comme les transports coutaient chers au Moyen-Age, toutes les ressources devaient se trouver à proximité du chantier. Le choix des bâtisseurs s’est porté sur une forêt, au coeur d’une ancienne carrière de la Puisaye, dans l’Yonne (89). Un terrain idéal qu’ils ont nommé Guédelon.

Le chantier de château médiéval

J’ai visité Guédelon une première fois en 2014, par temps pluvieux. J’y suis retournée 3 ans plus tard : le chantier avait 20 ans. C’était intéressant de visiter le domaine après plusieurs années pour voir son évolution.

  • En 2014, les batisseurs avaient déjà construit le logis du seigneur. La Tour de la chapelle avait 1 étage, et la Tour maitresse ainsi que la Tour d’angle ouest commencaient à s’élever.
  • En 2017, la Tour de la Chapelle a un 2e étage et la courtine ouest est terminée.

Photos de la muraille ouest à 3 ans d’écart :

Plan du château de Guédelon

Photos de Guédelon en 2014

Photos de Guédelon en 2017

Ateliers et expérimentation

Tous mes métiers des chantiers médiévaux sont représentés à Guédelon : les carriers extraient les blocs de pierre qui sont mis en forme par les tailleurs de pierre et leurs apprentis. Ils peuvent faire fabriquer et réparer leurs outils à la forge. La potière et les tuiliers façonnent les poteries, tuiles et pavés, avec la terre argileuse des sols de Guédelon. Ils les cuisent dans le four tout proche. Une maisonnette et son jardin abrite l’atelier de teinture. Les teintures sont issus de la végétation environnante et des plantes du jardin. L’atelier de peinture, juste à côté, expose aux visiteurs les différents pigments que permet le sol de Guédelon.

Plus loin, on trouve aussi un moulin hydraulique pour faire de la farine. Il a été conçu en association avec des archéologues, d’après des vestiges trouvés dans le Jura. Il fonctionne lorsque le débit d’eau est suffisant. L’objectif est d’obtenir une production de farine identique à celle du Moyen Age.

Les carriers, les gâcheurs, les maçons et les tailleurs de pierre

Les forgerons

Les forgerons réparent, trempent, affûtent les outils du chantier. La forge est un endroit peu éclairé car les forgerons travaillent leur métal à l’oeil et doivent percevoir précisément les différentes couleurs du métal pour réaliser les différentes opérations.
Les forgerons travaillent leur métal du rouge orangé au jaune clair, ce qui correspond à une température variant entre 900° et 1200° (selon qu’ils travaillent du fer ou de l’acier).
Pour la trempe, ils se fient à la couleur « rouge cerise » qui équivaut à 820°.
Pour les soudures au feu, ils doivent parvenir au blanc qui indique une température de 1250° à 1300°.

(Explication à l’entrée de la forge de Guédelon)

L’atelier des pigments

A partir du sol de Guédelon, nous obtenons 12 couleurs. La terre de Guédelon donne des ocres jaunes; chauffées à haute température des ocres deviennent rouges. L’argile donne du beige; chauffée, elle donne un beige rosé. Avec le sable de la carrière, on obtient des oranges. L’hématite donne un rouge très foncé. Avec de la terre de poussier (terre sur laquelle ont brûlé des meules de charbon de bois), on obtient un gris / noir. Le charbon de bois mélangé à de la chaux donne un gris bleuté. Tous ces pigments obtenus nous permettent de réaliser les peintures murales du château. Nous nous inspirons notamment des peintures murales de l’église de Moutiers située tout près de Guédelon.

(L’atelier des pigments de Guédelon)

L’atelier de teinture

Dans cet atelier, on teint les pièces de laine à partir des végétaux. Parmi les végétaux qui permettent de teindre, il y a ceux que l’on trouve à l’état naturel, sauvage et qui teintent plus ou moins bien : herbes, lichens, écorces d’arbres… qui donnent des couleurs assez pâles allant du jaune au marron.
Puis, il y a les plantes cultivées, que l’on appelle les plantes tinctoriales. La garance, le pastel, la gaude, les racines de rhubarbe ou l’orcanette donnent des tons très vifs de rouge, bleu, jaune…
tous ces végétaux permettent d’obtenir une grande variété de couleurs et selon la plante choisie, on utilisera les racines, les feuilles, les fruits, lécorce…

(La teinturière de Guédelon)

Plus d’infos : https://www.guedelon.fr/

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